La mallette programmatique
Tous les ateliers de la coopérative, les références et leurs ressources !
Les ateliers
Atelier #1 - Faire commune
(démocratie locale, transparence, communication, mémoires et patrimoine, qualité et accessibilité du service public)
ENJEUX - Face aux replis et à la perte de confiance, refaire du commun
La France traverse une crise profonde de confiance, à la fois envers ses institutions, ses décideurs politiques et entre ses citoyens. Les rapports récents du CESE et d’Ipsos dressent le même constat : la défiance s’est installée durablement, alimentée par la perception d’un pouvoir distant, de politiques inefficaces et d’une société fragmentée. Ce climat de soupçon et de désenchantement traduit moins une indifférence qu’un sentiment d’impuissance collective. Le repli sur soi devient alors la norme, une manière de se protéger dans une société perçue comme injuste et illisible.
Cette crise démocratique est d’abord une crise sociale. Là où les inégalités s’accroissent, la confiance se délite ; là où le débat public se ferme, les citoyens se taisent ou se détournent. Le lien de représentation s’est affaibli, car trop souvent la parole citoyenne ne trouve pas de traduction politique. Face à ce constat, la réponse ne peut être ni le cynisme ni la résignation, mais la reconstruction patiente d’un horizon commun fondé sur la dignité, le lien social ainsi que l’engagement et la participation citoyenne. Le bien-vivre au quotidien devient alors une condition essentielle à la restauration de la confiance et à la cohésion collective.
Garantir un service public de qualité et accessible à toutes et tous est au cœur de l’ambition de « faire commune ». C’est à travers des services publics présents, lisibles, accueillants et réactifs que se construit la confiance entre habitants et institutions. Leur amélioration continue constitue un levier essentiel pour renforcer la justice sociale, l’égalité territoriale et le sentiment d’appartenance à la collectivité.
La vitalité démocratique s’enracine aussi dans la vie locale, là où se tissent les liens du quotidien. Le tissu associatif, les centres sociaux et les collectifs citoyens jouent un rôle essentiel dans cet enracinement. Ces espaces d’engagement, souvent discrets, sont des lieux où la solidarité s’expérimente : on y apprend à coopérer, à dialoguer, à agir pour le bien commun. Soutenir ces structures, c’est investir et renforcer la cohésion sociale et la démocratie de proximité. C’est à l’échelle municipale, celle au niveau de l’humain, que la République retrouve son sens le plus tangible.
En créant un lien humain entre les institutions et les habitants, il s’agit de donner confiance, de rendre à chacun la possibilité d’agir et d’être entendu ; de placer l’humain au centre de tout ; de concevoir la démocratie non comme un rituel électoral, mais comme une pratique quotidienne d’écoute et de responsabilité. Une politique humaniste doit porter cette ambition : réhabiliter le collectif, restaurer la solidarité, et faire de la confiance une œuvre partagée. Nous souhaitons que le prochain mandat continue notre tâche de long terme de construction d’une solidarité entre toutes et tous les Romainvillois, en renforçant aussi le pouvoir d’agir des citoyen·nes.
En somme, il faut faire ensemble, pour reconstruire collectivement des horizons communs. Or à Romainville, le lien social et la démocratie locale s’enracinent dans son histoire de territoire ouvrier empreinte de solidarités. Héritière d’une tradition municipaliste attachée à la justice sociale et à la participation citoyenne, notre ville a su faire du monde associatif un moteur de transmission de la mémoire. Les associations et les lieux de mémoire prolongent cet engagement en tissant des solidarités concrètes entre générations, habitants historiques et nouveaux arrivants. Le travail de mémoire, porté par le monde combattant et les associations culturelles, alors que viennent d’arriver en nombre de nouveaux et nouvelles Romainvillois·es, est essentiel pour que le souvenir des dynamiques qui ont façonné notre territoire reste vivant. Car cette mémoire vive nous permet de tracer des chemins d’espoir pour l’avenir, en réinventant une citoyenneté de proximité fondée sur l’écoute, la coopération et la transmission. Elle fait de Romainville un espace vivant où l’histoire inspire encore les luttes présentes et les projets à venir.
Enfin, il s’agit aussi de garantir que Romainville, terre d’immigration historique, soit une terre d’accueil pour les étrangers, et s’assure d’ouvrir tant ses services que sa politique de démocratie locale au plus grand nombre.
RÉFÉRENCES - Comprendre la crise démocratique et de l’engagement
Comprendre la crise démocratique et de l’engagement
Replis sur soi, perte de confiance dans les institutions
Conseil économique, social et environnemental (CESE). Sortir de la crise démocratique : Rapport annuel sur l’état de la France 2024 (RAEF 2024). 2024. 2024_17. CESE. PDF
OCDE. Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques — résultats 2024 : Instaurer la confiance dans un contexte complexe. Paris : Éditions OCDE, 2024. ISBN 978-92-64-96802-8 (imprimé), 978-92-64-63466-4 (PDF). DOI : 10.1787/80ddd09b-fr capacity4dev.
Ipsos. Fractures françaises 2024 : une crise de confiance (rapport complet). (Réalisé pour Le Monde, CEVIPOF, Fondation Jean-Jaurès et Institut Montaigne), 2024. ipsos.com+2jean — jaures.org +2
Penser la politique de démocratie participative
Loisel, Manon ; Rio, Nicolas. Pour en finir avec la démocratie participative. Paris : Textuel, 10 janvier 2024. Collection « Petite encyclopédie critique ». 192 p. ISBN 978-2845979864. toupie.org+3editionstextuel.com+3lgdj.fr+
Escalona, Fabien. « L’impuissance de la démocratie participative aboutit à renforcer la défiance et la colère ». Mediapart, 27 janvier 2024. Entretien avec Manon Loisel et Nicolas Rio. Société Éditrice de Mediapart, Paris. Disponible en PDF : « L’impuissance de la démocratie participative aboutit à renforcer la défiance et la colère », 4 p.
Legros, Claire. « “Pour en finir avec la démocratie participative” : écouter en priorité les “inaudibles” ». Le Monde, 15 février 2024. Rubrique : Idées. Disponible sur : https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/02/15/pour-en-finir-avec-la-democratie-participative-ecouter-en-priorite-les-inaudibles_6216755_3232.html
Loisel, Manon ; Rio, Nicolas. « Faut-il en finir avec… la démocratie participative ? ». Mediacités, 5 septembre 2022. Tribune publiée sur le site mediacites.fr. Consulté le 2 octobre 2024.
Blondiaux, Loïc. Diagonal 204 : De la participation à la démocratie du faire. Diagonal, 2019. PDF, 24 p. Disponible sur : diagonal.hypotheses.org/pdf/Diagonal_204-Loic-Blondiaux.pdf
Chaillou Gilette Sébastien, Pfeiffer Stéphane Un « Notre monde » est possible, éditions Les Petits matins, collection Mondes en transitions, parution le 10 mars 2022
Repenser les politiques locales associatives
INJEP. Autonomie associative et financements publics : une enquête localisée. Paris : Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, 2024. 92 p. Disponible sur : https://injep.fr
Fonda. Le soutien de l’État aux associations en France : une politique publique en filigrane. Paris : Fonda, 2023. Disponible sur : https://fonda.asso.fr
Institut français du Monde associatif (IFMA). Livre blanc — Fait associatif et territoires. Lyon : IFMA, juin 2024, 86 p. https://institutfrancaisdumondeassociatif.org/wp-content/uploads/2024/07/Livre-blanc-GT-Fait-associatif-et-territoires-IFMA.pdf
Observatoire international de la démocratie participative (OIDP). Le rôle des associations dans la participation citoyenne. Barcelone : OIDP, 2014. 23 p. PDF. Disponible sur : https://oidp.net/docs/repo/doc10.pdf
Les politiques de la mémoire et territoire
Totaforti, Simona. « L’exploration de la mémoire urbaine : politiques de mémoire et amnésie ». Sociétés, nᵒ 145, 2019/3, p. 85-104. PDF. Disponible sur : https://shs.cairn.info/article/SOC_145_0085/pdf?lang=fr Cairn.info
Ministère de l’égalité des territoires et du logement ; Vie publique. Histoires, patrimoine et mémoires dans les territoires de la politique de la ville. Rapport officiel, 2013. 65 p. PDF. Disponible sur : https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/134000712.pdf vie-publique.fr+1
Droits Culturels. « Mémoire, quartiers populaires et commémorations : projet de loi & enjeux critiques ». PDF. droitsculturels.org, s.d. Disponible sur : https://droitsculturels.org/ressources/wp-content/uploads/sites/3/2014/06/13_memoireQuartiersPopulaires.pdf
BILAN - Les premières pierres d’un faire ensemble à Romainville
Les premières pierres d’un faire ensemble à Romainville
Le mandat qui s’achève a permis de déployer de nouveaux outils et revitaliser les services municipaux, pour offrir aujourd’hui des outils que nous devons penser pour construire une politique cohérente pour « faire ensemble » décloisonnant les différents axes développés jusqu’ici.
La démocratie locale s’est affirmée comme un pilier de la gouvernance municipale. Assemblées de quartier, ateliers citoyens, concertations thématiques et comités de pilotage citoyens ont permis d’associer les habitants aux grandes décisions publiques. Cette méthode de co-construction a favorisé l’émergence d’une parole citoyenne, mais continue à poser des questions, notamment sur le manque de diversité des publics atteints. On compte une activité très intense (33 ateliers de concertation, 29 réunions publiques, 15 stands de concertation sur l’espace public, 6 consultations ouvertes, 24 réunions de COPIL citoyens, 9 assemblées de quartiers, 3 adjoint·e·s de quartier nommé·es).
Le monde associatif a connu un développement notable, soutenu par la création d’une Maison de l’Engagement, véritable pôle de ressources dédié à la vie citoyenne, qui accueillera également la Maison du Combattant et de la Mémoire. La mémoire locale et le monde combattant ont été valorisés à travers des commémorations renouvelées, de l’intégration de jeunes Romainvilloises et Romainvillois dans tous les moments mémoriels, s’inscrivant ainsi dans des projets éducatifs favorisant la transmission. Les 80 ans de la Libération de Romainville et la célébration du 23 mai, journée nationale des mémoires de l’esclavage, inscrivent la commune dans une démarche de reconnaissance, de transmission et de vigilance républicaine.
Depuis 2020, la Ville a fortement renforcé son service public municipal, en reconstituant des équipes longtemps en sous-effectif et en créant de nouveaux services répondant aux besoins du territoire (la municipalisation progressive de la restauration scolaire, développement des services, titularisation régulière des agents, revalorisations salariales) et en améliorant la stabilité et la qualité du service rendu. Enfin, la transparence budgétaire et le contrôle interne des marchés publics ont permis de sécuriser et moderniser le fonctionnement de l’action municipale. Les crédits dévolus au personnel communal ont ainsi évolué de +50 % sur le mandat (25 % de revalorisation salariale et 25 % de recrutements) sans pour autant dépasser le taux d’administration initial. L’accessibilité du service a également été un souci, notamment en termes d’accès PMR des bâtiments publics.
Atelier #2 - Habiter une ville pensée pour toutes et tous
(urbanisme, aménagement, équipements, grands projets, habitat, relations bailleurs, parcours résidentiels, logement accessible…)
ENJEUX - Fabriquer une ville pensée pour ses habitants
Romainville connaît aujourd’hui une transformation urbaine rapide qui concentre les enjeux contemporains de l’habitat et de l’aménagement. Après une hausse de plus de 22 % de sa population entre 2014 et 2020, la commune dépasse désormais les 35 000 habitants et pourrait atteindre 40 000 d’ici 2 030. Cette croissance, issue de la promotion immobilière des années 2010, s’est traduite par une forte densification du tissu urbain, au détriment du cadre de vie et souvent plus rapidement que n’ont été mis en place les équipements publics nécessaires. La municipalité actuelle a donc choisi d’engager un tournant majeur : encadrement du foncier, hausse de la taxe d’aménagement, gel partiel des permis de construire sur un tiers du territoire et participation active à la co-construction du Plan local d’urbanisme intercommunal d’Est Ensemble, afin d’articuler habitat, mobilités et services à l’échelle métropolitaine.
Dans ce contexte, la question de la densification urbaine se pose avec acuité. Les analyses du Cerema et les travaux coordonnés par Jean-Michel Léger sur la « densification douce » rappellent que l’acceptabilité sociale dépend de la qualité des espaces publics, de la concertation et de la répartition équilibrée des usages. À Romainville, cette réflexion a pris corps dans la refonte du projet Youri-Gagarine, emblématique d’un urbanisme plus participatif : réduction des démolitions prévues, réhabilitation d’une partie du parc existant, création d’équipements de proximité et d’espaces verts. Cette approche vise à densifier sans dégrader le cadre de vie, en répondant aux aspirations des habitants à une ville respirable, solidaire et bien équipée.
Le logement demeure un autre pilier central de la politique urbaine. Selon le Compte du logement 2023 (SDES) et le Bilan 2024 du logement social (DHUP), la région francilienne reste soumise à une tension extrême, avec une hausse continue des loyers et une production de logements sociaux insuffisante. À Romainville, plus de 2 300 ménages sont en attente d’un logement social pour moins d’une vingtaine d’attributions annuelles. Face à cette situation, la commune renforce l’encadrement des loyers via Est Ensemble, favorise l’accession sociale et l’habitat à loyer intermédiaire, et lutte activement contre l’habitat indigne. Ces actions rejoignent les constats du 30ᵉ rapport de la Fondation pour le Logement des Défavorisés (2025), qui souligne la progression du mal-logement et de la précarité énergétique.
La ville développe par ailleurs un urbanisme de régulation et de transition écologique, en inscrivant ses projets dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (ANRU). Les opérations intègrent désormais des principes de sobriété foncière, de végétalisation et de maîtrise de l’artificialisation, dans une logique de « règle verte communale » conforme aux orientations du SDES 2024. La sanctuarisation d’espaces boisés, la désimperméabilisation des sols, la création de trames vertes et la rénovation des bâtiments publics participent de cette stratégie de long terme, visant à concilier qualité de vie au quotidien, développement urbain et respect des limites écologiques.
La Ville a lancé dans cette période plusieurs projets touchant à des équipements structurants : un nouveau groupe scolaire dans le quartier des Bas-Pays, un nouveau centre social « Assia Djebar » au sein du quartier Youri Gagarine, la cuisine centrale municipale à l’école École Charcot‑Barbusse, la réhabilitation complète du complexe sportif Stalingrad, etc. Elle a également obtenu la construction d’un lycée général et technologique par la Région.
Enfin, Romainville s’efforce de réaffirmer la ville comme un bien commun. Les dispositifs de concertation citoyenne, la remunicipalisation de certains services (lesquels faut des exemples) ou encore l’expérimentation de nouvelles formes de gouvernance urbaine témoignent de cette volonté de replacer les habitants au cœur des décisions d’aménagement. Cette orientation rejoint les recommandations de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (2024) appelant à renforcer le droit au logement, réguler les locations touristiques et garantir un cadre de vie digne et accessible pour tous.
Romainville se trouve ainsi à un tournant : la ville redéfinit son modèle urbain autour de trois priorités — densité maîtrisée, justice sociale et transition écologique. L’objectif est clair : construire une ville plus équilibrée, où la production de logements, la qualité des espaces publics et la participation citoyenne s’orchestrent pour garantir un développement soutenable et partagé.
RÉFÉRENCES - Comprendre la production de l’espace et de l’habitat
Comprendre la production de l’espace et de l’habitat
- Urbanisme & aménagement (ouvrage collectif). Panorama des grandes théories, pratiques, débats contemporains, à l’échelle locale et interdisciplinaire. Paris : Éditions Cairn/Presses universitaires, 2022. 326 p.
Disponible sur : https://shs.cairn.info/urbanisme-et-amenagement–9782200625351?lang=fr
- Léger, Jean-Michel (dir.). Densifier-dédensifier : Penser les campagnes urbaines. Paris : Parenthèses éditions, 2018. 320 p. ISBN 978-2-86364-342-6. Decitre+2editionsparentheses.com+2
- Cerema. Les conditions d’acceptabilité de la densification urbaine : étude de 7 projets franciliens (rapport Cerema Île-de-France, 2021). Paris : Cerema, 2021. 93 p.
Disponible en ligne. cerema.fr+2cerema.fr +2
- Collectivités-locales.gouv.fr. Compétences urbanisme : Portail officiel décrivant les documents d’urbanisme (PLU, permis, urbanisme de projet, etc.). Collectivités Locales. [En ligne].
Disponible sur : https://www.collectivites-locales.gouv.fr/competences/urbanisme
Saisir les enjeux des politiques d’habitat :
- Union sociale pour l’habitat (USH). Chiffres clés du logement social 2024 : Panorama de la filière HLM, parc, financements et production. Paris : Union sociale pour l’habitat, 2024. 72 p. ISBN : 978-2-11-179483-9.
Disponible sur : https://www.union-habitat.org - David Rottmann, « Une politique du logement sans promoteur immobilier est-elle possible ? », Métropolitiques, 13 octobre 2025. URL : https://metropolitiques.eu/Une-politique-dulogement-sans-promoteur-immobilier-est-elle-possible.html
- France. Service des données et études statistiques (SDES). Compte du logement 2023 : Dépense de logement, place dans l’économie, modes d’occupation. Paris : ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, 2024. 132 p. ISBN : 978-2-11-162899-8. Disponible sur : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
- Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Rapport d’activité 2024 : Le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Paris : ANRU, 2025. 156 p. Disponible sur : https://www.anru.fr/
- Ministère chargé du Logement. Bilan 2024 du logement social : tendances récentes de la production HLM. Paris : ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP), 2025. 54 p. Disponible sur : https://www.ecologie.gouv.fr/
- France. Service des données et études statistiques (SDES). Chiffres clés du développement durable — édition 2024. Paris : ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, 2024. 184 p. Disponible sur : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
- 30ᵉ rapport sur l’état du mal-logement en France 2025 : Rapport et synthèse. Paris : Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés, 2025. 276 p.
Disponible sur : https://www.fondation-abbe-pierre.fr
- Le droit à la ville. Paris : Anthropos, 1968. 176 p. (Notice Bibliothèque nationale de France : https://catalogue.bnf.fr/
- « La construction politique des besoins en logements ». Métropolitiques, revue en ligne, 2022.
Disponible sur : https://metropolitiques.eu/La-construction-politique-des-besoins-en-logements.html
- Avis sur le droit au logement — 2024 : Encadrement des loyers et régulation des locations touristiques. Paris : CNCDH, 2024. 38 p.
Disponible sur : https://www.cncdh.fr
Analyse reprise dans : Le Monde.fr, article du 20 mai 2024.
BILAN - Faire respirer la ville, contenir et absorber la densification
Depuis 2020, Romainville a engagé une réorientation profonde de sa politique urbaine, de l’habitat et de l’hygiène, afin de concilier développement, qualité de vie et transition écologique. La municipalité actuelle a choisi de ralentir le rythme des constructions et de mieux encadrer l’aménagement du territoire. Le gel partiel des permis de construire, la révision du Plan local d’urbanisme intercommunal et la mise en place d’une stratégie foncière plus exigeante traduisent cette volonté de maîtriser la densité, de préserver les espaces verts et de garantir une meilleure cohérence entre habitat, équipements publics et mobilités.
Dans le domaine du logement, la ville a renforcé son engagement en faveur du droit au logement pour tous. Elle a accru la part de logements sociaux dans les nouveaux programmes, relancé la production de logements à loyers maîtrisés et mis en œuvre une politique active de lutte contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil. L’Office public de l’habitat a été accompagné dans la rénovation de son parc, notamment au sein du quartier Youri-Gagarine, inscrit au Nouveau programme national de Renouvellement urbain (NPNRU). Des dispositifs d’accompagnement social et énergétique des locataires ont été développés, dans le cadre du Plan Climat d’Est Ensemble, pour réduire la précarité énergétique et améliorer la performance des logements anciens.
La Ville s’est aussi engagée en faveur de la qualité dans l’habitat social, en y consacrant une mission et en accompagnant les amicales de locataires du parc social dans leurs démarches pour améliorer leur cadre de vie, la gestion des réclamations par leurs bailleurs et en s’engageant dans un suivi rigoureux des réhabilitations menées. Il s’agit de faire de Romainville une ville capable d’accompagner les locataires du parc social dans leurs démarches et mobilisations pour des conditions de vie dignes.
Ces actions traduisent une ambition commune : faire de Romainville une ville équilibrée, solidaire et durable, où la production de logements, la maîtrise de l’urbanisation et la qualité de vie grâce à des services de proximité améliorés participent d’un même projet de ville au service de tous les habitants.
Atelier #3 - Façonner une ville résiliente et partager nos espaces publics
(transition écologique, énergie, végétalisation, agriculture urbaine, animal en ville, réseaux de transports, mobilités, espaces publics, voiries, cadre de vie, accessibilité, architecture, suivi des chantiers, résilience et préparation aux risques, propreté, gestion des déchets, éducation à l’environnement…)
ENJEUX - Lier l’amélioration du cadre de vie et les enjeux écologiques
Notre ville doit faire face à un défi global qui intègre la question de l’aménagement du territoire, celui de redéfinir notre manière d’habiter le monde. Les crises écologiques, sociales et énergétiques révèlent une urgence collective, celle de penser la ville non plus comme un lieu de consommation, mais comme un écosystème vivant, solidaire et durable.
Le dernier rapport du GIEC (2023) rappelle que le réchauffement climatique, désormais estimé à environ 1,1 °C au-dessus des niveaux préindustriels, qui a déjà des effets délétères sur les écosystèmes, la santé humaine et les infrastructures. L’intensification des évènements extrêmes, vagues de chaleur, sécheresses, inondations, feux de forêts ou tempêtes, affecte de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, aggravant les inégalités sociales et territoriales. Les scientifiques soulignent que chaque dixième de degré supplémentaire accroît le risque d’atteindre des points de bascule irréversibles, comme la fonte accélérée des calottes glaciaires ou la dégradation des écosystèmes tropicaux. Sans réduction rapide et massive des émissions mondiales, la trajectoire actuelle conduirait à un réchauffement supérieur à 2,5 °C d’ici la fin du siècle, avec des conséquences systémiques sur les excès de chaleur ou de pluviométrie, la sécurité alimentaire, les ressources en eau, la santé et la stabilité économique mondiale. Le GIEC insiste sur l’urgence de politiques publiques cohérentes et planifiées à toutes les échelles, fondées sur la justice climatique et la transition écologique solidaire, condition indispensable pour garantir la résilience des sociétés humaines face aux risques à venir.
Par ailleurs, une ville résiliente n’est rien sans la justice spatiale, le droit de toutes et tous à se déplacer, à respirer, à se rencontrer. Nos espaces publics doivent redevenir des lieux d’égalité et de convivialité, non des zones de passage ou de tension. Repenser les mobilités piétonnes, cyclables, partagées c’est redonner au temps sa lenteur et à la ville sa mesure humaine. C’est aussi rendre chaque trottoir, chaque place, accessible à toutes et tous, quels que soient l’âge, la condition, le handicap ou le revenu.
Selon l’urbaniste David Alexander (1993), une ville résiliente est une ville capable d’évoluer avec ses habitantes et habitants, en intégrant la nature, l’énergie, la mobilité et le vivre-ensemble dans un même projet de société. Cette vision irrigue aujourd’hui de nombreuses initiatives locales, où le territoire devient un laboratoire d’expérimentation de la transition écologique.
À ce titre, Romainville s’affirme comme une ville emblématique de cette transformation. Longtemps marquée par son passé industriel et son tissu urbain dense, elle s’engage désormais dans une reconnexion au vivant. Ses projets de végétalisation (stratégie paysagère, permis de végétaliser, création d’espaces verts) traduisent une volonté de réintroduire la nature au cœur de la Ville.
L’agriculture urbaine y trouve aussi une place centrale. La Cité Maraîchère, tiers lieu municipal de Romainville, inaugurée comme un modèle d’agriculture urbaine durable, symbolise cette alliance entre écologie, pédagogie et lien social. Cultiver ici, c’est apprendre à mieux cohabiter. Dans cette même dynamique, Romainville a déployé la première cantine scolaire bio, locale et faite maison d’Île-de-France, une initiative pionnière qui sera généralisée à l’ensemble des écoles de la Ville d’ici 2030.
La promotion des mobilités douces, notamment l’implantation pour la 1re fois en Île-de-France du dispositif Métrominute destiné à promouvoir la marche, a fait partie de ses orientations, avec pour objectif non pas seulement de réduire l’empreinte carbone, mais bien d’inventer une mobilité du partage, un espace public apaisé où chaque geste de déplacement devient une forme de respect mutuel. Les nouveaux aménagements urbains produits ont cherché à conjuguer accessibilité universelle, biodiversité urbaine et qualité architecturale. Et à présent, nous devons, grâce aux méthodes déjà mises en place, renouveler et accroître nos exigences. Ce qu’il faut mener à Romainville, c’est réinventer un modèle de ville résiliente.
Il faut aussi adapter la ville à toutes les composantes de sa population. La ville vue de la hauteur des enfants, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Cela passe par exemple par la sécurisation des parcours autour des écoles, la création de conditions de circulation équilibrées et non dépendantes aux émissions de gaz à effet de serre.
Dans ce contexte, la question de la densification urbaine se pose avec acuité. Les analyses du Cerema et les travaux coordonnés par Jean-Michel Léger sur la « densification douce » rappellent que l’acceptabilité sociale dépend de la qualité des espaces publics, de la concertation et de la répartition équilibrée des usages. À Romainville, cette réflexion a pris corps dans la refonte du projet Youri-Gagarine, emblématique d’un urbanisme plus participatif : réduction des démolitions prévues, réhabilitation d’une partie du parc existant, création d’équipements de proximité et d’espaces verts. Cette approche vise à densifier sans dégrader le cadre de vie, en répondant aux aspirations des habitants à une ville respirable, solidaire et bien équipée.
Le logement demeure un autre pilier central de la politique urbaine. Selon le Compte du logement 2023 (SDES) et le Bilan 2024 du logement social (DHUP), la région francilienne reste soumise à une tension extrême, avec une hausse continue des loyers et une production de logements sociaux insuffisante. À Romainville, plus de 2 300 ménages sont en attente d’un logement social pour moins d’une vingtaine d’attributions annuelles. Face à cette situation, la commune renforce l’encadrement des loyers via Est Ensemble, favorise l’accession sociale et l’habitat à loyer intermédiaire, et lutte activement contre l’habitat indigne. Ces actions rejoignent les constats du 30ᵉ rapport de la Fondation pour le Logement des Défavorisés (2025), qui souligne la progression du mal-logement et de la précarité énergétique.
La ville développe par ailleurs un urbanisme de régulation et de transition écologique, en inscrivant ses projets dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (ANRU). Les opérations intègrent désormais des principes de sobriété foncière, de végétalisation et de maîtrise de l’artificialisation, dans une logique de « règle verte communale » conforme aux orientations du SDES 2024. La sanctuarisation d’espaces boisés, la désimperméabilisation des sols, la création de trames vertes et la rénovation des bâtiments publics participent de cette stratégie de long terme, visant à concilier qualité de vie au quotidien, développement urbain et respect des limites écologiques.
La Ville a lancé dans cette période plusieurs projets touchant à des équipements structurants : un nouveau groupe scolaire dans le quartier des Bas-Pays, un nouveau centre social « Assia Djebar » au sein du quartier Youri Gagarine, la cuisine centrale municipale aux écoles Charcot et Barbusse, la réhabilitation complète du complexe sportif Stalingrad, etc. Elle a également obtenu la construction d’un lycée général et technologique par la Région.
Enfin, Romainville s’efforce de réaffirmer la ville comme un bien commun. Les dispositifs de concertation citoyenne, la remunicipalisation de certains services ou encore l’expérimentation de nouvelles formes de gouvernance urbaine témoignent de cette volonté de replacer les habitants au cœur des décisions d’aménagement. Cette orientation rejoint les recommandations de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (2024) appelant à renforcer le droit au logement, réguler les locations touristiques et garantir un cadre de vie digne et accessible pour tous.
Romainville se trouve ainsi à un tournant : la Ville redéfinit son modèle urbain autour de trois priorités — densité maîtrisée, justice sociale et transition écologique. L’objectif est clair : construire une ville plus équilibrée, où la production de logements, la qualité des espaces publics et la participation citoyenne s’orchestrent pour garantir un développement soutenable et partagé.
RÉFÉRENCES - Comprendre l’évolution des espaces publics
- Ademe. Transition(s) 2050 : choisir maintenant, agir pour le climat. Angers : Agence de la transition écologique, 2021.
- Ministère de la transition écologique. Stratégie française pour l’énergie et le climat (SFEC) : trajectoire 2030–2050. Paris : MTECT, 2023.
- The Shift Project. Plan de transformation de l’économie française (PTEF). Paris : The Shift Project, 2022.
- OCDE. Vers des villes durables : politiques publiques et résilience urbaine. Paris : Organisation de coopération et de développement économiques, 2020.
- Latour, Bruno. Où atterrir ? Comment s’orienter en politique. Paris : La Découverte, 2017.
- Institut Paris Région. La nature en ville : un levier pour l’adaptation climatique en Île-de-France. Paris : IAU ÎdF, 2023.
- Sénéchal, Gilles et Déjeant-Pons, Maguelonne. Ville durable et bien-être : regards croisés sur l’aménagement du cadre de vie. Strasbourg : Conseil de l’Europe, 2021.
- Larrère, Catherine et Larrère, Raphaël. Du bon usage de la nature : pour une philosophie de l’environnement. Paris : Flammarion, 2009.
- Fondation Jean-Jaurès. Faire société dans la transition écologique : justice, territoires et modes de vie. Paris : Fondation Jean-Jaurès, 2022.
- Attac (Collectif). Travail, climat, même combat. (ouvrage politique, d’orientation écologique et sociale) https://france.attac.org/nos-publications/livres/article/nouveau-livre-d-attac-travail-climat-meme-combat
- Thierry Paquot (urbaniste et philosophe) « Quand on adapte une ville aux enfants, on l’adapte pour tout le monde », in Libération, le 22 mars 2025 : https://www.liberation.fr/societe/ville/quand-on-adapte-une-ville-aux-enfants-on-ladapte-pour-tout-le-monde-20250322_GMFJJXL4TZDHBP2IMHGYZE67JE/
- Rivière Clément (sociologue) Qu’est-ce qu’une « ville à hauteur d’enfant ? » in Mouvements n° 115 hiver 2023
- La ville des enfants pour une révolution urbaine Francesco Tonucci
BILAN - Des chantiers importants pour porter la transition écologique
Face aux enjeux environnementaux et à la densité urbaine, la Ville a engagé une transformation en profondeur de l’espace public pour offrir un cadre de vie plus sain, plus naturel et plus apaisé.
La stratégie paysagère adoptée par le conseil municipal se traduit par de nombreux projets de végétalisation. Six sites pilotes ont été choisis, parmi lesquels la rue Jean-Jaurès, le square de la Résistance et la rue du docteur Parat — pour expérimenter de nouvelles formes d’aménagements verts. Plus de six-cents arbres ont été plantés depuis 2020, tandis que deux écoles, Marcel Cachin et Fraternité, ont vu leurs cours transformées en îlots de fraîcheur. La Ville a également instauré un permis de végétaliser, permettant aux habitant·e·s de participer directement à la requalification des espaces publics. La forêt de la Corniche des Forts, désormais gérée par Île-de-France Nature, est sanctuarisée afin de préserver ses vingt hectares de biodiversité et d’en ouvrir une partie au public.
En parallèle, plusieurs espaces publics emblématiques ont fait l’objet de réaménagements pour conjuguer esthétisme, confort urbain et mobilité douce. Le cœur de ville, avec la place des Commerces et l’avenue de Verdun, sera réaménagé d’ici 2026 avec la création d’une vélorue. Au Bas-pays, la ZAC de l’Horloge accueillera de nouveaux espaces végétalisés et une grande place publique, tandis que le quartier Gagarine bénéficie d’une requalification complète incluant la plantation de plus de 300 arbres, la création d’une aire de jeux et d’un city-stade. Au total, plus d’un hectare de parc a été sanctuarisé aux Trois-communes et plus de 4 000 m² d’espaces publics sont en cours de requalification dans d’autres secteurs de la ville.
La question de la propreté urbaine et de l’entretien a également été repensée. La municipalité a créé une régie communale chargée des espaces verts et des opérations de nettoyage, mettant fin au système de collecte des déchets par aspiration pneumatique. Des campagnes de sensibilisation et des opérations dites « coup de balai » sont régulièrement menées pour impliquer la population dans le maintien de la propreté.
Enfin, la Ville a favorisé le développement des mobilités douces. Les abords des écoles ont été sécurisés, des pistes cyclables aménagées sur plusieurs axes structurants, et trois nouvelles stations Vélib’ ont été installées. Une signalétique piétonne « MétroMinute » incite à privilégier la marche, tandis que la circulation a été limitée à 30 km/h sur l’ensemble du territoire (et à 20 km/h dans certains secteurs), mesure qui a valu à Romainville l’obtention du label « Ville prudente ». Néanmoins, l’accompagnement des mobilités douces et le partage de l’espace public doivent faire l’objet à l’avenir d’une politique plus ambitieuse, malgré les nombreuses contraintes structurelles ou conjoncturelles qui ne sont pas sans impact (travaux importants [exemple T1, grands travaux d’aménagement Bas-pays], forte présence de voies départementales sur notre territoire).
Sur le plan des transports collectifs, la municipalité se félicite de l’ouverture en 2024 de la ligne 11 du métro, qui dessert désormais Romainville, et de l’avancée du tramway T1, dont la mise en service est prévue pour 2028. Elle participe également à la concertation autour du projet TZen3, un bus à haut niveau de service attendu pour 2030, tout en maintenant les lignes de bus locales et leurs connexions avec les communes voisines. Et la ville surveille de très près les évolutions de la restructuration du réseau bus organisé par IDFM après l’arrivée du métro.
En somme, la Ville a su concilier urbanisme, écologie et qualité de vie, en inscrivant Romainville dans une trajectoire de transition durable où la nature, la propreté et la mobilité douce deviennent les piliers d’un quotidien plus serein pour les habitant·e·s.
Atelier #4 - Bien grandir, être accompagné·e, s’émanciper
(petite enfance, enfance, éducation, jeunesse, parentalité, lien avec les collèges/lycées, formations tout au long de la vie, protection des mineurs…)
ENJEUX - Le rôle des communes renforcé face au désengagement de l’État
Les écarts de réussite scolaire, d’accès aux soins, de conditions de logement ou de soutien familial s’accentuent entre les territoires, et la promesse républicaine d’égalité des chances reste incomplète. Le lieu de naissance continue de déterminer trop fortement les parcours de vie. Dès la petite enfance, ces inégalités se cumulent et pèsent sur la capacité des jeunes à s’émanciper et à se projeter sereinement dans l’avenir.
En Seine-Saint-Denis, ces constats sont particulièrement visibles. Département le plus jeune de France hexagonale, il concentre une richesse humaine exceptionnelle, une énergie créative et un fort engagement des acteurs locaux. Mais il fait aussi face à des tensions sociales durables : conditions de vie précaires pour de nombreuses familles, pression sur les écoles, accès inégal aux services publics et fragilisation du lien social. Dans ce contexte, garantir à chaque enfant et à chaque jeune un accompagnement de qualité devient un enjeu majeur de cohésion et de justice territoriale.
Malgré des besoins criants, l’État sous-investit toujours en Seine-Saint-Denis. Près de 28 %, des enfants vivent sous le seuil de pauvreté, le revenu médian (19 020 €) est l’un des plus faibles d’Île-de-France, et les dotations publiques restent en deçà des besoins. Le manque de places en crèche et une scolarisation limitée des 2-5 ans (71,6 %) traduisent une offre d’accueil précoce insuffisante.
À l’école, la situation est préoccupante : 70 % des collèges ont un indice social très bas, 20 % des élèves de 3ᵉ accusent un retard, et plus d’un tiers des enseignants ont moins de deux ans d’ancienneté. Les dispositifs de soutien sont sous-financés et les établissements saturés, tandis que les collectivités locales compensent tant bien que mal les carences de l’État. Seuls 53 % des 18-24 ans poursuivent leurs études, contre 70 % dans la région, signe d’un décrochage durable et d’un sentiment d’abandon. Cette inégalité d’investissement nourrit la défiance et creuse les fractures sociales.
Garantir l’égalité des chances suppose un engagement fort de l’État, investir massivement dans la petite enfance, l’éducation, la santé et la jeunesse. Car « Bien grandir » ne se réduit pas à un processus de développement personnel, c’est avant tout une question de justice sociale, d’égalité réelle et de dignité humaine. Cela suppose un engagement collectif et la reconnaissance de chaque singularité.
L’enjeu dépasse la simple mise à disposition de services (crèches, écoles, structures d’accueil). Il s’agit de créer les conditions d’un véritable droit à l’émancipation, en rendant concret le principe d’égalité républicaine : permettre à chaque enfant et à chaque jeune, quelle que soit sa situation, d’accéder à un accompagnement de qualité et de se construire un avenir librement choisi.
La petite enfance et l’éducation constituent les premiers espaces où se jouent les écarts de destin. L’accès au langage, à la lecture et à la connaissance sont autant de leviers essentiels pour se construire, comprendre le monde et y trouver sa place. L’école et les lieux d’accompagnement deviennent alors des espaces citoyens, où s’expérimentent la responsabilité, le dialogue et la pensée critique.
S’émanciper, c’est enfin refuser toute forme d’assignation sociale. C’est ouvrir des perspectives, offrir des parcours de réussite variés, et permettre à chaque enfant et à chaque jeune de se projeter avec confiance dans l’avenir. La politique publique doit alors être pensée comme un engagement de justice et d’attention, où l’accompagnement, la reconnaissance et la possibilité d’agir deviennent les véritables moteurs d’épanouissement et de cohésion.
RÉFÉRENCES - Saisir les besoins en matière de politiques de la petite enfance, de l’éducation et de jeunesse
- Michel Vandenbroeck — La petite enfance, entre éducation et soin (2015)
- (Approches européennes des politiques de la petite enfance).
- Françoise Carraud — Politiques éducatives locales (2018) Panorama des dispositifs municipaux (projets éducatifs locaux, périscolaire).
- OCDE — Regards sur l’éducation (édition annuelle) https://www.oecd.org/en/publications.html
- Michel Fize, Les pièges de la mixité scolaire
- Pierre Bourdieu — La Distinction (1979)
- Défenseur des droits (2023). Rapport annuel sur les droits de l’enfant — L’accès aux services publics essentiels pour les enfants et les jeunes. https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2024-03/ddd_rapport-annuel-activite-2023_20240325.pdf
- Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) (2022). Les politiques locales de jeunesse : dynamiques territoriales et gouvernance partagée.
- Terra Nova (2022). Petite enfance : investir tôt pour l’égalité réelle. https://tnova.fr/site/assets/files/11838/31052017_-_investissons_dans_la_petite_enfance.pdf
- France Stratégie (2023). Les jeunes en France : transition, précarité et perspectives d’émancipation.
- UNESCO (2023). L’éducation pour tous : politiques et pratiques inclusives en Europe et dans les territoires urbains.
- Profession Banlieue. Vers des politiques de jeunesse globales et intégrées dans les quartiers https://www.professionbanlieue.org/Vers-des-politiques-de-jeunesse-globales-et-integrees-dans-les-quartiers-870
- Observatoire des inégalités (2023). Rapport sur les inégalités en France — Enfance, éducation et jeunesse. observatoire-des-inegalites.fr Fondation Jean-Jaurès (2022). Refonder la politique de la jeunesse : autonomie, citoyenneté, émancipation.
- Institut de recherches économiques et sociales (IRES) (2023). Petite enfance et politiques publiques : vers un service public universel d’accueil du jeune enfant ?
- Oberti Marco sur la ségrégation scolaire : https://www.sciencespo.fr/cris/fr/annuaire/oberti-marco/
BILAN - Des chantiers importants pour porter la transition écologique
Depuis 2020, la Ville a considérablement renforcé son action en faveur du « bien grandir ». Plus de 50 % de places supplémentaires en crèches municipales ont été créées, avec l’ouverture de quatre nouveaux lieux d’accueil (une crèche, deux micro-crèches et une maison d’assistantes maternelles) ainsi que la création d’une micro ferme pédagogique. La crèche Yvonne Sulot a ouvert ses portes, et la réhabilitation de la crèche Parat permettra bientôt d’accueillir 39 nouveaux berceaux. Ces investissements traduisent une volonté forte, accompagner les familles dès les premiers pas de la vie de leurs enfants.
L’école, premier lieu d’égalité, a également fait l’objet d’un effort sans précédent, création d’un nouveau groupe scolaire aux Bas Pays et d’un lycée général et technologique en 2028, refonte des rythmes scolaires et développement de l’offre périscolaire à la suite des Assises de l’enfance, mise à disposition d’équipements numériques dans toutes les écoles, prise en charge des fournitures scolaires pour les familles, et amélioration du confort thermique des bâtiments. Ces mesures concrétisent l’ambition d’un véritable droit à l’éducation et à la réussite pour toutes et tous.
Romainville a également obtenu la labellisation « Cité éducative », déclinée à l’échelle de toute la ville, renforçant les coopérations entre les établissements, les associations et les familles. Le projet éducatif territorial (PET) et les programmes de réussite éducative (PRE) accompagnent plusieurs centaines de jeunes dans leurs parcours, en particulier ceux confrontés à des difficultés scolaires ou sociales. Plus de 690 jeunes ont été suivis entre 2020 et 2024.
Grandir, c’est aussi apprendre à penser, à débattre et à se projeter, la Maison de la Philo, les ateliers culturels et citoyens dans les écoles et les centres sociaux, ou encore les colonies apprenantes traduisent cette volonté d’émancipation intellectuelle. Le « bien grandir » s’étend enfin au soutien à la jeunesse : dispositif « Pass ton BAFA », job-datings, accompagnement vers l’emploi avec le Plan régional d’insertion pour la jeunesse (plus de 150 jeunes accompagnés), et développement du logement social pour les jeunes aux Bas-Pays (livraison prévue en 2027-2028).
Atelier #5 - Penser nos vulnérabilités pour une ville qui protège et prend soin
(action sociale, santé & santé mentale, seniors, autonomie, prévention, handicap, fracture numérique)
ENJEUX - Assumer nos vulnérabilités pour faire société
Dans un territoire comme la Seine-Saint-Denis, marqué par une histoire de luttes, d’innovations sociales et de fortes inégalités, réfléchir à nos vulnérabilités n’est pas un aveu de faiblesse, mais un geste profondément politique. Reconnaître notre vulnérabilité, c’est reconnaître notre interdépendance. Une ville tout comme un individu ne se construit pas contre ses fragilités, mais les intègre, en tissant des formes de solidarité et de coopération.
Nos vulnérabilités sont multiples : liées à nos conditions d’habitat, à notre milieu d’origine, à notre santé, à notre accès aux réseaux amicaux et familiaux, notre situation salariale, mais ces fragilités, si elles sont regardées en face, deviennent autant de leviers pour repenser nos manières d’agir et de vivre ensemble.
Assumer la vulnérabilité c’est assumer une rupture face au discours stigmatisant des plus fragiles, des « assistés ». Perçue comme une faiblesse, la reconnaître c’est faire œuvre de commune humanité, d’empathie tout en permettant de donner de la force à la notion de lien social..
Penser la vulnérabilité, c’est défendre le service public comme levier de la puissance collective, qui se donne comme objectif de répondre et d’accompagner chacune et chacun dans ses différences, dans ses parcours de vie, dans ses difficultés : c’est activer les chaines de solidarité.
Penser les vulnérabilités, c’est à l’échelle municipale, garantir un socle de solidarité, en permettant l’accès au soin, en luttant contre l’isolement de nos seniors, en accompagnant associations et services publics des plus fragiles, en donnant toutes leurs places dans la ville aux personnes en situation de handicap, en renforçant l’accompagnement des personnes connaissant le mal-logement.
RÉFÉRENCES - Comprendre les leviers d’action
Pour une action sociale renouvelée :
- Secours catholique « quand la solidarité s’éloigne » https://www.secours-catholique.org/sites/default/files/03-Documents/RS24.pdf
- ABS+R
Politique d’inclusion
- Gouvernement français, Améliorer l’accessibilité en tant qu’élu local [en ligne]. Disponible à l’adresse : https://www.info.gouv.fr/accessibilite/ameliorer-l-accessibilite-en-tant-qu-elu-local
- France. Association Profession Banlieue. Agir pour l’inclusion des personnes en situation de handicap dans l’emploi [en ligne]. Disponible à l’adresse : https://www.professionbanlieue.org/IMG/pdf/invit_handicap_emploi_def.pdf
- Faire Face. Comment les départements font des économies sur les dépenses liées aux personnes handicapées [en ligne]. 13 mai 2025. Disponible à l’adresse : https://www.faire-face.fr/2025/05/13/departements-economies-personnes-handicapees/
- APF France handicap. Plaidoyer — communes inclusives : vers une politique locale du handicap [en ligne]. [s. l.] : APF France handicap, s. d. [Consulté le 08/12/2025]. Disponible à l’adresse : https://actionspolitiques.apf-francehandicap.org/sites/default/files/documents/Plaidoyer%20Communes%20inclusiverselles-sans%20personnalisation-vdef_0.pdf
BILAN - Des politiques de solidarités renforcées
Depuis 2020, la nouvelle majorité a fait le choix d’interroger en profondeur sa politique de solidarité pour l’enrichir et l’augmenter grâce à une participation active de la société civile. Cela s’est traduit par une analyse des besoins sociaux, valorisant les ressources de la ville, la mise en place de la nuit de la solidarité, la réactivation du comité des retraités.
La municipalité a fait le choix d’investir fortement les solidarités, avec la mise en place d’un bouclier tarifaire contre l’inflation sur tous les services municipaux, la création de la direction Social, Autonomie et Santé, la mise en place d’une mission handicap, la labellisation « ville 0 non-recours » pour favoriser l’accès aux droit, en complément de la mise en place de la maison France service des Trois-Communes et d’une seconde qui sera bientôt déployée aux Bas-Pays.
Concernant les politiques de santé, la ville s’appuie sur le Centre de santé municipal (CMS) qui joue un rôle fondamental pour permettre l’accès de toutes et de tous à une offre de soin. En parallèle, la ville favorise le développement de centres de santé, comme à Gagarine ou aux Bas-Pays, en finançant notamment une aide à l’installation des praticiens. Elle met en réseau tous les acteurs de la santé, notamment dans le cadre du nouveau contrat local de santé signé avec l’Agence régionale de santé (ARS), mais aussi la Communauté professionnelle territoriale de Santé (CPTS) et la Caisse primaire d’Assurance Maladie (CPAM).
Elle a agi sur la prévention avec la labellisation « Maison Sport Santé », qui permet une pratique sportive adaptée et durable pour tous les publics, les dépistages auditifs, dentaires, des cancers, des infections sexuellement transmissibles, a renforcé le travail avec le Planning familial.
Depuis 2020, un travail important a été réalisé, notamment d’adaptation des bâtiments et à travers une mission dédiée, afin de rendre la ville plus inclusive, de permettre aux personnes en situation de handicap de se sentir mieux intégré et pleinement partie prenante de notre destin collectif.
Atelier #6 - Romainville vivante
(fêtes, affaires économiques, commerces et implantation, vie nocturne, sport, culture, lien social, centres sociaux, vie associative, culture de la paix et coopération internationale, fêtes, festivals)
ENJEUX - Construire un avenir local solidaire et inclusif
À l’échelle nationale, la France traverse une période de mutations profondes : transition écologique et numérique, inflation, inégalités territoriales, désengagement des services de l’État et aspirations accrues à la participation citoyenne redéfinissent l’action publique. Les communes, en première ligne, doivent conjuguer attractivité économique, cohésion sociale et durabilité.
À Romainville, ces défis prennent une résonance particulière. Ville en transformation, elle voit se développer de grands projets urbains (extension du métro, rénovation du centre-ville, projet Gagarine, Zac…) Romainville se trouve à la croisée des chemins. Ces transformations ouvrent des perspectives considérables pour le développement, mais elles appellent une vigilance constante : comment faire en sorte que la modernisation économique profite à toutes et tous, sans creuser les écarts ? Comment concilier attractivité et cohésion, dynamisme et justice sociale ?
L’un des enjeux majeurs réside dans la construction d’une économie de proximité, solidaire et durable. Le développement économique ne peut être une fin en soi : il doit servir la population, soutenir les artisan·es, les commerçant·es, les structures de l’économie sociale et solidaire. Une économie humaine, ancrée dans le territoire, crée des emplois locaux, valorise les compétences.
Le sport, lui aussi, est un levier essentiel de cohésion. Plus qu’une pratique physique, il est un langage commun, une école du respect, de la solidarité et un élément majeur de la santé. Soutenir les clubs, diversifier les disciplines, encourager la pratique féminine et intergénérationnelle, c’est investir dans une citoyenneté active. Le sport, dans sa simplicité, rappelle que chacun, sur un même terrain, partage les mêmes règles, le même espace, la même ambition. C’est une métaphore de la République vivante.
La culture, quant à elle, est l’âme de la Ville. Elle ne se limite pas à l’art ou aux institutions, elle est ce qui relie, ce qui éveille, ce qui transforme. À Romainville, la culture vit dans la rue, sur les places, dans les écoles et les parcs. Les festivals, les spectacles en plein air, les ateliers artistiques et les initiatives citoyennes témoignent d’une effervescence créative qui rassemble les habitantes et habitants autour d’expériences communes. Ces moments hors les murs sont essentiels, ils donnent à chacune et chacun la possibilité de s’approprier la ville autrement.
Dans cette même logique, le lien social représente le socle de toute politique publique. À Romainville, les centres sociaux en sont les gardiens. Ils accueillent, accompagnent, orientent, soutiennent les familles, les jeunes, les personnes isolées. Ils incarnent une politique du quotidien, une présence humaine là où l’administration pourrait sembler distante. Les renforcer, c’est investir dans la dignité, dans la proximité, dans la solidarité concrète. Ils sont les cœurs battants de la ville, les lieux où se tisse le vivre-ensemble.
Faire de Romainville une ville vivante, c’est choisir la voie du lien plutôt que celle de la division, du partage plutôt que du repli. C’est faire le pari que la modernité peut être humaine, que le progrès peut être inclusif, que la solidarité peut être un moteur d’avenir. C’est construire une ville qui regarde vers demain sans oublier celles et ceux qui font son présent ; une ville qui croit encore en la force du collectif, en la puissance de la proximité, en la dignité de chaque citoyen.
RÉFÉRENCES - Construire un avenir local solidaire et inclusif
Constats et ressources sur les centres sociaux
- SENACS. Plaquette nationale 2024 : Observatoire des centres sociaux et des espaces de vie sociale. Paris : SENACS, janvier 2024, 12 p. https://www.senacs.fr/files/plaquettes/2024/01.%20NATIONAL/SENACS-PLAQUETTE%20NATIONALE.pdf
- Bacqué, Marie-Hélène et Neveu, Catherine (dir.). « Saisir le politique des centres sociaux : formes de participation et de citoyenneté ». Participations, vol. 45, n° 1, 2023, p. 19-39. DOI : 10.3917/parti.045.0019. https://shs.cairn.info/revue-participations-2023-1-page-19
- Collectif sous la direction de la FCSF. Agir près de chez soi : 25 initiatives inspirantes de centres sociaux. Paris : Fédération des Centres sociaux et socioculturels de France, 2022, 160 p. https://www.centres-sociaux.fr/agir-pres-de-chez-soi-un-livre-sur-les-centres-sociaux/
- Dufresne, Éric et Delacroix, Claire. Histoire des centres sociaux : du voisinage à la citoyenneté. Paris : Éditions La Découverte, septembre 2023, 256 p. ISBN 978-2-348-06134-9. https://www.lisez.com/livres/histoire-des-centres-sociaux-du-voisinage-la-citoyennete/9782348061349
- Fragilisation des centres sociaux et socioculturels (question sénatoriale + texte explicatif) https://www.senat.fr/questions/base/2024/qSEQ240109830.html ?
Affaires économiques et commerce, ESS
- Banque des territoires. Petites villes de demain : l’économie locale au cœur des transitions. Paris : Caisse des Dépôts, 2023.
- France Stratégie. Dynamiques territoriales et politiques économiques locales. Paris : France Stratégie, 2021.
- Gontcharoff, Georges. Pour une économie de proximité. Paris : L’Harmattan, 2014.
Sport
- Gasparini, W., Vieille Marchiset, G. Le sport dans les quartiers : pratiques sociales et politiques publiques, Paris : Presses universitaires de France, 2015.
Associations
- Duvoux, Nicolas et al. Associations et collectivités territoriales au cœur de la démocratie. Paris : Management & Avenir/Cairn, 2010.
- Hémar, Isabelle ; Conseil national de la Vie associative. Pour une politique de vie associative ambitieuse et le développement d’une société de l’engagement. Paris : ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, 2023.
- France. ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Bilan de la vie associative 2023-2024. Paris : ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, 2024.
BILAN - Cinq ans d’actions pour une ville solidaire et vivante
Entre 2020 et 2025, la municipalité a affirmé sa volonté de faire de Romainville une ville vivante résolument tournée vers la culture, le sport, l’économie locale et la cohésion sociale. Dans un contexte de crises multiples, ces cinq années ont démontré la capacité de la Ville à conjuguer exigence sociale, vitalité démocratique et ambition pour l’avenir.
En matière culturelle, la Ville a choisi de maintenir, voire de renforcer, son engagement malgré les contraintes financières. L’objectif a été clair : rendre la culture accessible à toutes et à tous. De nouveaux rendez-vous populaires et exigeants ont vu le jour, le festival Cirk’Court, la Biennale L’Esperluette ou encore les expositions en plein air, tandis que la médiathèque et la Maison de la Philo se sont affirmées comme des lieux d’émancipation et de réflexion collective. Par une offre culturelle éclectique et inclusive, la municipalité a réaffirmé que la culture est un levier de citoyenneté et de lien social.
Côté sport, la rénovation du stade Stalingrad, l’organisation du Trail des Hauteurs ou encore la Fête du sport témoignent d’un engagement fort en faveur du sport pour tous. L’année olympique a permis d’allier sport, culture et éducation, en promouvant l’égalité femmes-hommes et le parasport. La politique sportive locale a ainsi consolidé un tissu associatif dynamique et fédérateur.
Sur le plan économique et commercial, la municipalité a fait le choix d’une économie de proximité, sociale et solidaire. La création de la Fabrique de l’Émancipation Claude Alphandéry et de l’Agence communale pour la transition écologique et sociale (ACTES) illustre cette ambition : favoriser l’emploi durable, l’insertion et l’innovation locale. Le soutien à l’installation de nouveaux commerces, la relance des marchés (création d’un marché au Bas-pays et aux Trois-communes) et la coopération avec les acteurs de l’Économie sociale et solidaire traduisent une stratégie économique au service du territoire et non de la spéculation.
Enfin, le réseau des centres sociaux a connu un développement sans précédent : ouverture du centre Assia Djebar à Gagarine, extension du centre Nelson Mandela — site Aubin, et création prochaine d’une Maison France Services aux Bas-Pays. Véritables piliers du vivre-ensemble, ces structures incarnent une politique de proximité fondée sur la solidarité, la participation citoyenne et l’accès aux droits.
À travers ces actions, Romainville a confirmé son ambition, bâtir une ville solidaire, écologique et culturelle, où le progrès social est réalité.
Atelier #7 - Une ville sereine, protectrice et égalitaire
(tranquillité publique, prévention, lien avec la justice)
ENJEUX - Des politiques de tranquillité publique au service des citoyen·nes
Penser les vulnérabilités, c’est aussi garantir à chacun de vivre dans un environnement tranquille, sécurisé. C’est asseoir les politiques publiques municipales de tranquillité publique sur la prévention, à la jonction des champs éducatif, social, de l’insertion professionnelle, de la sécurité et de la justice.
La ville de Romainville ne connaît pas à ce jour de grande délinquance générée par le banditisme, comme cela peut être observé sur d’autres collectivités du département. Romainville est relativement calme, avec une délinquance contenue, stable et maîtrisée.
Toutefois, cela n’empêche pas qu’elle soit confrontée aux mêmes problématiques qu’une commune de taille et de développement économique similaire. Les partenaires s’accordent à dire que la commune de Romainville connaît plutôt une petite et moyenne délinquance, assez récurrente et se traduisant sur le terrain par une exaspération d’une partie des administrés.
Par ailleurs, une politique de tranquillité publique de gauche doit assumer la place et le rôle majeur des discriminations majeures que peuvent vivre certains de nos habitants dans le rapport police / population et désormais largement scientifiquement documenté. Face à la discrimination vécue par une partie de nos habitantes et habitants, la ville peut maitriser sa doctrine d’intervention et de contrôle pour lutter contre le poison des discriminations.
RÉFÉRENCES - Pour une politique de sécurité humaine à l’échelon local
Pour une politique de sécurité humaine à l’échelon local
- Sénat (France). 25 propositions pour donner aux polices municipales les moyens de lutter contre l’insécurité du quotidien. Rapport d’information n° 671 (2024-2025), déposé le 28 mai 2025. Paris : Sénat, 2025. 152 p. https://www.senat.fr/rap/r24-671/r24-671.html
- Assemblée nationale (France). Rapport d’information sur les missions et l’attractivité des polices municipales. Paris : Assemblée nationale, mars 2024, 118 p. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/colter/l16b1544_rapport-information
- Forum français de sécurité urbaine. Livret blanc pour la sécurité des territoires (septembre 2022) https://ffsu.org/wp-content/uploads/sites/6/2025/01/Livre-Blanc_Assises-2022_MAJmai2023.pdf
- Institut Paris région. La gouvernance de la sécurité publique en Île-de-France. Implication et imbrication des collectivités territoriales et des intercommunalités. https://www.institutparisregion.fr/fileadmin/NewEtudes/Etude_1738/Etude_gouv.secu.idF_version_def._06.12.18.pdf
- Avis CNCDH rapport Police Population https://www.cncdh.fr/sites/default/files/2023-10/A%20-%202023%20-%202%20-%20Avis%20Rapport%20entre%20police%20et%20population%2C%20octobre%202023_3.pdf
Histoire de la relation entre la gauche et la sécurité
- Fondation Jean-Jaurès. « Insécurité et Parti socialiste : retour sur une relation méconnue. https://www.jean-jaures.org/publication/insecurite-et-parti-socialiste-retour-sur-une-relation-meconnue/
- La proximité en politique. PUR. Les maires et la sécurité quotidienne : rhétoriques et pratiques de proximité. https://books.openedition.org/pur/9708?lang=fr
Stratégie territoriale de sécurité et de prévention :
BILAN - Articuler prévention et sécurité publique
Depuis 2020, la nouvelle majorité a mis l’accent très rapidement sur la gestion des rixes, véritable fléau et qui a endeuillé notre ville plusieurs fois. Un travail partenarial intercommunal, notamment avec la ville des Lilas a été lancé qui a articulé toutes les composantes en s’appuyant fortement sur la médiation, la prévention et un renforcement des moyens en termes de sécurité.
En termes de tranquillité publique, la ville a renforcé les moyens humains tout en développant une politique de prévention importante, qui s’incarne dans la stratégie territoriale de sécurité et de prévention.
Véritable document stratégique, voté en 2022 il décline ses orientations depuis. Médiation, prévention spécialisée, journées de préventions, actions de sensibilisation dans les écoles, les collèges, le lycée, la ville agit pour prévenir.
Dans le même temps, la ville est passée de 15 à 18 policiers municipaux, en allongeant les amplitudes horaires de 2h pour s’adapter à l’arrivée du métro.
Ce travail engagé mérite d’être poursuivi, densifié pour s’adapter à la réalité du terrain notamment en termes de médiation et de prévention.
Atelier #8 - Romainville résistante
(ESS, emploi, attractivité durable, économie circulaire, inclusion, politique alimentaire, lutte contre les discriminations, égalité femmes-hommes, place de l’IA, liberté de la presse locale)
ENJEUX - Résister face aux désordres du monde
Notre future élection municipale se tient dans un contexte particulier, celui de la montée importante et mortifère pour nos habitants de l’extrême droite et de la droite extrême. Accompagné par un débat médiatique phagocyté par des milliardaires, souvent d’extrême droite. Sa montée n’est pas une fatalité et Romainville doit être à l’avant-garde de la résistance, en mettant en œuvre des politiques publiques concrètes et qui peuvent inspirer. Les citoyens engagés, la gauche et les écologistes ont une responsabilité immense, celle de produire un contre-récit, un nouvel imaginaire qui devra se décliner à l’échelle locale.
Il nous faudra donc protéger, être une ville refuge, mais être aussi une ville d’innovation sociale qui montre qu’un autre modèle de développement est possible. Un modèle qui remet la démocratie, l’utilité sociale au cœur.
Notre ville est le condensé de ce que le RN et ses alliés détestent. Une ville à la croisée des histoires de l’immigration, qui accueille de manière inconditionnelle, qui aime de manière inconditionnelle. Une ville où l’on vit bien, grâce aux différences sociales, culturelles, car, avant tout, nous faisons tous partie d’une commune humanité qui vit ensemble dans cette société humaine qu’est Romainville.
Alors l’échelon municipal doit être un bouclier pour nos habitants qui seront en première ligne. L’on pense avant tout aux personnes étrangères, en situation régulière ou irrégulière pour qui nous devrons être un rempart face aux extrêmes. Aux personnes LGBTQIA+, aux femmes et leurs droits qui seront des cibles, aux intellectuels, aux militants de la gauche et de l’écologie qui seront criminalisés, nous devons être prêts à être une ville refuge.
Mais nous ne devons pas seulement être sur la défensive, car au-delà, notre ville porte en elle les ferments d’un autre monde.
Il y a d’abord la force de la société civile et des luttes qu’elle porte, dans l’antiracisme, dans la lutte pour les droits et le respect du corps des femmes, dans la lutte contre la haine LGBTIphobe etc. Rappeler le sens de projet de « commune humanité » dans le respect des minorités, de leur dignité et de leurs droits est un préalable à tout projet de gauche et écologiste.
Cela passe par la définition d’une politique de coopération nationale et internationale plus structurée, qui mette en réseau les progressistes et leurs solutions, tout comme leur vision du monde.
D’autre part, il faut réinterroger la manière de penser notre développement. Nous devons nous opposer à la stratégie de développement local néolibérale basée sur la concurrence entre les territoires pour un développement local et endogène, faisant la part belle à l’Économie de la transformation au service des hommes et du vivant qu’est l’Économie sociale et solidaire.
Dans un monde globalisé et interdépendant, ce développement endogène devra interroger les éléments vitaux de notre souveraineté énergétique, alimentaire et de nos services publics fondamentaux. C’est une stratégie de développement qui doit s’inscrire pleinement dans un objectif de neutralité carbone à l’échelle locale.
Par ailleurs, dans un modèle capitaliste en pleine évolution, l’émergence des big tech doit interroger la place que doit avoir une collectivité locale sur les usages et les outils. Les géants de la Tech ont une vision prédatrice de leurs usagers et usagères. Cette vision est, par ailleurs, naturellement expansionniste. Pour faire fonctionner au mieux les algorithmes et être le plus rentable possible, il faut contrôler la part la plus importante de la population. Pour reprendre les termes de Guy Debord, les Big Tech sont la substitution du non-vivant au vivant, c’est-à-dire du capital au travail. La représentation algorithmique du monde doit prendre le pas sur tout ce qui est directement vécu. Dès lors, toutes les actions ou pensées critiques de la domination sont une menace pour le modèle économique du secteur.
RÉFÉRENCES - Clés de lecture pour appréhender les défis actuels
Comprendre les enjeux de notre temps :
- Gorz, André. Leur écologie et la nôtre. Paris : Éditions du Seuil, 2020. Disponible en ligne : https://shs.cairn.info/leur-ecologie-et-la-notre–9782021451863-page-213?lang=fr
- Michel Feher, « producteurs et parasite », l’imaginaire si désirable du Rassemblement national, la découverte 2024. Romaric Godin, https://www.mediapart.fr/journal/economie/041020/le-capitalisme-numerique-un-feodalisme-des-temps-modernes
- The Conversation. Droits des minorités : alliance RN-Ciotti, montée de l’« illibéralisme » — vers une révolution conservatrice en France [en ligne]. [s. l.] : The Conversation, 2025 [date de consultation à compléter]. Disponible à l’adresse : https://theconversation.com/droits-des-minorites-alliance-rn-ciotti-montee-de-lilliberalisme-vers-une-revolution-conservatrice-en-france-232273.
Vers une autre économie
- Cour des comptes. Les soutiens publics à l’économie sociale et solidaire 2018-2024 [en ligne]. Paris : Cour des comptes, 2025. Disponible à l’adresse : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-soutiens-publics-leconomie-sociale-et-solidaire
- AVISE. Étude « Territoires urbains & ESS » [en ligne]. [s. l.] : Avise, 2021. Disponible à l’adresse : https://www.avise.org/sites/default/files/atoms/files/20211116/avise_franceurbaine_rtes-etude-territoires_urbains_ess_is-2021.pdf
- Fondation Jean‑Jaurès. Données et coopération : des communs numériques face à l’accaparement [en ligne]. [s. l.] : Fondation Jean-Jaurès, 2 023 [date de publication à vérifier]. Disponible à l’adresse : https://www.jean-jaures.org/publication/donnees-et-cooperation-des-communs-numeriques-face-a-laccaparement
BILAN - Des avancées concrètes pour une ville engagée
Face aux dangers qui peuvent survenir, face à l’imaginaire des extrêmes droites, la municipalité mène à son échelle la bataille culturelle. Que cela soit sur les droits des femmes de la lutte contre les VSS, des minorités, des droits LGBTQIA+, la ville s’est engagé par des campagnes, des évènements et des actions concrètes telles que : Convention avec un « toit pour elle » pour les femmes victimes de violence, mise en place d’un réseau de vigilance, marquage LGBTI+ etc.
En termes de coopération et de solidarité nationale et internationale, quelques jumelages ont été réactivés et des évènements, des actions de solidarités ont été accompagnés. La ville faisant le choix d’être un appui aux dynamiques associatives et citoyennes se constituant en la matière.
En termes de développement d’une autre économie, qui favorise le développement endogène, l’accès à l’emploi des habitants du territoire, le premier mandat a permis de structurer un véritable réseau des acteurs de l’ESS et de l’inclusion.
Elle a fait le choix de créer un nouvel équipement public, la fabrique de l’émancipation, véritable tiers lieu dédié à l’inclusion professionnelle. En début de mandat elle a réorienté le projet de rénovation du Syctom, pour qu’il intègre un véritable pôle en économie circulaire et solidaire qui a vocation à se substituer aux sociétés du CAC 40 pour une partie de la gestion des déchets. En lien avec Noisy-le-Sec et Est Ensemble elle favorise l’émergence de l’usine des transitions, foncier économique dédié aux activités de la transition, de l’inclusion et de l’ESS. Elle favorise dans le diffus, sur des fonciers en transition, le positionnement d’acteurs de l’ESS, culturels ou de l’ESS.
Enfin, la majorité sortante a opéré une véritable révolution sur l’alimentation. Enjeu majeur de santé publique, de bien-vivre, elle développe par la transformation de son modèle de cantine 100 % bio, locale, fait maison et par la réorientation du projet de la Cité maraîchère. Ce modèle qui est amené à se développer agit comme un levier de transformation de toute une chaîne économique du producteur au consommateur, en dehors des logiques de marché.
Atelier #9 - Proposer et s’engager dans la coopération intercommunale
(coopération intercommunale, Est Ensemble, Métropole du Grand Paris, lien avec les collectivités)
ENJEUX - Penser et inscrire l’action publique dans un environnement institutionnel complexe
Romainville est imbriquée dans une construction territoriale unique. La commune appartient à l’Établissement public territorial d’Est Ensemble, lui-même rattaché à la Métropole du Grand Paris, avec son lot de compétences déléguées pour le bloc dit « communal ».
Dans le même temps, elle a à travailler de manière rapprochée avec le département de la Seine-Saint-Denis et la région Île-de-France sur de nombreux dossiers (éducation, voirie, sport, social, développement économique et emploi etc.).
Enfin, elle est partie-prenante de nombreux syndicats intercommunaux qui portent des politiques publiques structurantes pour le compte de ses membres (Tables communes, le Sipperec, Syctom, Sigief, Sifurep, Syncom, Vélib’, Unigéo, CICEG/CIAS ehpad) et est entrée à la gouvernance d’aménageurs (Sequano, SPL Ensemble, SPL résilience et innovation) dans le cadre de nos grands projets d’aménagement (NPNRU, ZACs)
Dans ce cadre, il est nécessaire de travailler avec des organismes, institutions qui ont leurs propres modes de fonctionnement qu’il faut appréhender, respecter et maîtriser pour faire avancer ses orientations politiques.
Le bloc communal, soit le triptyque commune – Établissement Public Territorial – Métropole a évolué largement suite à la loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM) et la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRé).
L’objectif théorique de cette loi était d’abord lié aux graves déséquilibres territoriaux et socio-économiques qui traversent la métropole. Dotée d’une économie riche et puissante, elle regroupe la majorité des pôles économiques franciliens, surtout dans sa partie occidentale. Sa population connaît cependant d’importantes inégalités de revenus, de pauvreté ou de mal-logement. On trouve dans son ressort le département où les revenus des ménages sont les plus faibles (Seine-Saint-Denis) et les deux départements (Paris, Hauts-de-Seine) où ils sont les plus élevés. De surcroît, ces inégalités, qui ont tendance à s’aggraver, se traduisent par d’importants écarts de ressources et de charges entre collectivités en dépit des dispositifs de péréquation financière.
Force est de constater qu’aujourd’hui, la promesse d’une métropole redistributrice, qui atténue les immenses inégalités territoriales et sociales de la métropole n’est clairement pas tenue et que nous avons à faire face à un environnement institutionnel d’une complexité rare.
RÉFÉRENCES - Comprendre les enjeux
Compréhension des enjeux :
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/lorganisation-territoriale-de-la-metropole-du-grand-paris
Les différents syndicats intercommunaux :
https://tablescommunes.fr/qui-sommes-nous/
https://www.sipperec.fr/le-sipperec/missions/
https://sifurep.com/decouvrir-sifurep/
https://www.syncom.fr/qui-sommes-nous/presentation-association
https://www.velib-metropole.fr/service
BILAN - Un travail engagé à approfondir
Dès son arrivée aux responsabilités, la nouvelle majorité a investi l’EPT pour y défendre sa vision. Cela s’est concrétisé notamment par le poste de 1re vice-présidente, en charge du développement économique et de l’emploi, autour de l’économie de la transition, du développement local et de l’emploi accessible aux habitants du territoire.
À titre d’exemple, ce sujet majeur pour l’avenir de notre territoire a permis concrètement la maîtrise publique de l’usine Saft pour en faire un espace de développement économique tourné vers l’économie de la transition, l’ESS et l’économie circulaire, plutôt qu’un foncier pour le développement du logement.
Une fois l’environnement institutionnel compris, l’enjeu majeur est donc de pouvoir positionner les orientations politiques choisies au bon endroit et au bon moment. Là encore à titre d’exemple, au tout début du mandat, un travail de négociation extrêmement important a été mené avec le Syctom concernant le projet de rénovation du site de tri et de collecte et des déchets, ce travail a permis de sanctuariser une partie de l’enveloppe budgétaire au développement d’un pôle en économie circulaire et solidaire, dans la même veine que le village du réemploi de Montreuil.
À titre d’exemple, la déclinaison de notre modèle de cantine scolaire, bio, locale et fait maison ne peut se faire, ni se penser sans s’articuler avec le syndicat intercommunal « table commune » qui gère la restauration scolaire.
La ville a décidé de rejoindre le réseau intercommunal de géothermie afin de permettre de pouvoir profiter de cette énergie durable, en se raccrochant in extremis au projet qui était déjà lancé.
De nombreuses politiques publiques sont donc en mesure d’être déclinées dans le cadre de partenariat avec une diversité d’acteurs institutionnels, à ce titre, le futur programme devra être décliné au bon endroit au bon moment.